Trezeguet: "J'ai vécu dix années magnifiques à Turin"

Publié le par Julie

David Trezeguet a accordé une interview au site ilsussidiaro.net dans laquelle il clame une nouvelle fois tout son amour pour la Juventus. Il revient également sur son départ à Hércules, évoque sa famille et l'équipe de France.

Je vous propose de la découvir en intégralité:

 

David, dans le football, il est toujours possible de s'améliorer?

"Je pense que oui, cela dépend de beaucoup de choses: de son poste, de la motivation, de l'envie et des objectifs de l'équipe. Personnellement j'avais envie de me tester dans un championnat différent, je voulais continuer à apprendre et à m'améliorer dans un jeu différend. Ici, à Alicante, je me sens très bien, certes les objectifs sont bien différents de ceux que l'on avait à la Juventus. Il n'y a pas d'autres explications, je voulais découvrir un autre football et voir si je pouvais m'y adapter avec mes caractéristiques."

 

Alicante est également un choix de vie. Votre femme, Béatrice, préfère les températures plus douces que celles qu'il pouvait y avoir à Turin. A quel point la famille est importante dans la vie d'un footballeur?

"C'est la chose la plus importante. Dans la famille, il y a les personnes les plus proches de vous. La qualité de vie est très bonne: ici, il y a le soleil, la mer (en cette période il fait 15-20°). De ce point de vue, c'est un changement important, mais au niveau sportif, on ne peut pas faire de comparaison avec la Juventus."

 

En regardant les chiffres, on peut dire que Trezeguet n'a pas perdu son instinct de buteur. Hércules était bien parti, et puis il y a eu une série de résultats négatifs qui ont abouti à quatre défaites consécutives...Que s'est-il passé?

"Notre objectif est le salut. Nous sommes sur la bonne voie si nous continuons ainsi jusqu'à la fin. Je n'ai pas souffert de ce qui s'est passé au niveau social: il n'y a pas à dire que dans une équipe plus petite, les périodes négatives se ressentent davantage. Il est vrai que nous avons perdu quatre matchs consécutifs, mais l'un était à domicile contre Barcelone, et les trois autres à l'extérieur contre des équipes plus fortes qui luttent pour les places européennes. Les parties les plus importantes seront celles contre les concurrents directs."

 

Qu'est-ce qui vous plaît dans le football espagnol?

"Le style: c'est un football offensif avec moins de tactique. La petite et la grande équipe peuvent toutes deux imposer leur jeu d'attaque. Les espagnols aiment gagner à leur manière. Clairement, la mentalité est différente de la mentalité italienne, ici il manque la régularité tactique que j'ai pu expérimenter à la Juve."

 

Etes-vous tenté par d'autres expériences, les Etats-Unis ou un retour en Argentine?

"Etats-Unis, Dubaï...je suis ouvert à toute éventualité. Je traverse une période de ma vie où j'ai envie de connaître d'autres types de football. Cependant, pour le moment, je n'y pense pas. Je suis concentré et j'espère faire de bonnes choses avec mon club."

 

Qui gagnera la Liga?

"Barcelone représente le beau football. Par rapport à l'Italie, la Liga est un discours à deux entre le Barça et le Real, les autres (Séville, Valence...) sont inférieurs. Barcelone continue son histoire avec un jeu offensif et à un niveau extraordinaire."

 

En championnat, Barcelone n'a perdu qu'une seule fois contre Hércules...

"Nous avons fait un très grand match au Camp Nou, nous avons eu la chance et la possibilité de l'emporter. Peut-être même que leur défaite leur a servi: s'ils se relâchent, ils peuvent perdre contre n'importe qui. Le Real, en revanche, a connu des changements importants avec l'entraîneur et les joueurs. Maintenant, ils ont repris confiance. Ils jouent tous deux un football très divertissant, et même au niveau international, ils n'ont pas de rivaux."

 

Si nous regardons la Ligue des Champions, quelle est l'équipe favorite de Trezeguet?

"Pour ce que j'ai vu, le Barça et le Real sont deux équipes vraiment importantes. Les plus gros, et ce même lorsque j'étais en Italie, sont les quatre clubs anglais qui, grâce à leur jeu et leur intensité, sont difficiles à affronter. Ensuite, il y a l'Inter qui, l'année passée, s'est montrée très forte."

 

En Espagne, on ne semble pas beaucoup aimé le personnage de José Mourinho...

"Mourinho faisait aussi ce jeu en Italie: il préfère endosser les responsabilités pour laisser les joueurs travailler tranquillement. En Italie, la presse se divise entre Milan, Turin et Rome, en Espagne, c'est entre Madrid et Barcelone. Mourinho est un personnage qui sait comment faire avec la presse, mais en Espagne, ils ne sont pas habitués à ses réponses. En Italie, il est considéré comme un phénomène et s' il gagne ici, ce sera la même chose. Maintenant, il se concentre sur ses objectifs: les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, le titre et la Coupe d'Espagne."

 

Il y a quelques jours, un collectionneur qui avait dépensé 7000 euros pour le maillot que Trezeguet avait porté en finale de la Coupe du Monde 1998 se l'ai vu détruire par la douane car ils pensaient que c'était une contrefaçon. Quel est votre rapport avec les supporters en général?

"Ce qui s'est passé me déplaît beaucoup. Pour le reste, il n'y a pas grand chose à dire. Sur le plan émotif, c'est quelque chose de difficile à digérer. Partout où je suis passé, j'ai instauré un rapport important. Je n'ai jamais été un personnage publique, j'ai toujours préféré me mettre en valeur sur le terrain. A Turin, j'ai passé dix années magnifiques, j'ai eu la chance et la malchance de tout connaître: les succès, l'amertume de la série B, la remontée. Malheureusement, une carrière est faite de tout ceci. J'ai eu le plaisir d'avoir le record de meilleur buteur étranger de la Juve. A Turin, j'ai vécu mes dix années les plus importantes avec la déception de n'avoir gagné aucun autre titre après 2006."

 

Le nom de Trezeguet restera à jamais dans le coeur des tifosi qui, cependant, auraient peut-être voulu un autre épilogue...

"Il n'y a pas eu le temps. J'ai fait un choix et la Juve ne comptait plus sur moi. Ensuite, il y a eu cette possibilité sportive avec une haute qualité de vie. De toute façon, je garde de très bonnes relations avec mes anciens compagnons et le président Agnelli. Lorsque je le pourrais, je retournerai à Turin avec grand plaisir afin de saluer les supporters, mes anciens coéquipiers et tous les gens avec qui j'ai travaillé. Je ne peux pas encore dire quand, mais je le ferai."

 

Comment perçoit-on la course au Scudetto en Espagne?

"Le championnat est ouvert à toutes les équipes, personne n'est au-dessus. Le Milan est plutôt dans une bonne période, l'Inter n'a pas pris un avantage important comme cela s'était passé l'année dernière."

 

Naples avait envisagé de vous recruter...

"Oui, il y a eu cette possibilité. J'étais intéressé par une équipe ayant une mentalité différente, un projet sérieux où j'aurai pu avoir une place importante. J'ai préféré ne pas jouer en Italie avec un autre maillot que celui de la Juventus, par respect envers les gens et la société, pour leur laisser un beau souvenir."

 

Parlons de l'équipe nationale. Considérez-vous que le discours de Laurent Blanc comme étant fermé ou avez-vous encore une pensée pour le prochain championnat d'Europe?

"Blanc a décidé de faire d'importants changements, en misant sur les jeunes. Même si l'Euro est proche, l'objectif numéro un est le Mondial 2014 au Brésil. L'Euro sera une expérience importante. Je suis disponible pour revenir en équipe de France, à l'image de la Juve, je n'ai pas pu saluer les supporters. Ca me plairait de leur donner un coup de main. En même temps, je suis serein, le discours de Laurent Blanc a été clair, et de temps en temps il faut laisser sa place à des gens plus jeunes. Le football c'est comme dans la vie..."

Publié dans Interview

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Julie 26/02/2011 20:51



Je vous en prie, ce fut un plaisir.



Claudine 24/02/2011 06:15



Oui, merci Julie. C'est toujours un plaisir de lire une itv de David. Je fais quand même une petite prière pour que David ne finisse pas sa carrière à Dubaï !



Alyssa 24/02/2011 02:28



David, c'est toujours la classe et le respect!!! il restera à jamais dans nos mémoires et dans nos coeurs!!! toujours les mots justes et respectueux, toujours!!!



Miss Lili 23/02/2011 18:24



Merci beaucoup Julie pour l'interview.


 


J'ai hâte de savoir ce qu'il réserve aux tifosi bianconeri.